Bois-Libres, le poumon vert et palpitant de Raesdai, s’étend au centre de l’île comme une canopée infinie. Ce n’est pas qu’une forêt, c’est un royaume où les arbres sont des monuments, des sentinelles qui ont vu naître et mourir des ères entières. La région tire son nom de la liberté sauvage et indomptée de ses étendues, un écosystème d’une richesse éblouissante, abritant des espèces végétales et animales rares, souvent nimbées de phénomènes magiques inexpliqués. C’est le foyer d’une puissante communauté druidique, gardienne des anciens rites, qui œuvre à maintenir l’équilibre entre la vie et la magie qui sature l’air.
Le Bastion des Légendes Naissantes
Établi au nord de Bois-Libres, là où les forêts rencontrent l’âpreté de Froidlame et le pragmatisme d’Alshir, se dresse l’Acadéros, le sanctuaire dédié à l’art du héros. Ce n’est pas un simple collège, mais un château rénové dont le nom originel a été effacé par l’histoire, suggérant une noblesse plus ancienne et peut-être plus sombre que sa fonction actuelle. Il s’impose comme un phare de l’espoir, une forteresse où les rêves de grandeur sont forgés en réalité.
Les Secrets du Cœur de Pierre
Le château lui-même est un mystère. Au-delà de ses vastes salles de classe et de l’internat (où les élèves sont répartis par éléments, renforçant leur lien aux Avatars), le bâtiment principal dissimule des compartiments secrets — des alcôves oubliées, des passages scellés — que seuls les esprits les plus curieux et les plus persévérants de l’Académie peuvent espérer découvrir. Ces secrets pourraient contenir la vérité sur l’histoire perdue du château, un savoir oublié ou des reliques dangereuses.
Les Piliers de la Formation
La Tour Mystica : Le siège du pouvoir, une tour d’observation et de connaissance. Elle abrite l’observatoire stellaire, le laboratoire d’alchimie, et un bassin sacré dédié aux élémentaires d’eau, sous l’autorité de l’Archimage Prima Octavius Neraida, le directeur, dont la sagesse (ou la discipline) façonne l’avenir des héros.
Le Jardin des Héros : Plus qu’une simple nécropole, c’est un lieu de pèlerinage solennel, où le repos des fondateurs est célébré. C’est le théâtre des cérémonies de passage de rang, un lieu où l’héritage murmure aux oreilles des vivants.
L’Arsenal et les Cursus : La formation est structurée autour de trois piliers, les Cursus Martel (combat rapproché), Mystica (magie élémentaire et arcanique), et Lame-d’Argent (combat à distance, tactique, et environnement). Les diplômés reçoivent un médaillon de transport hebdomadaire, un symbole de leur statut et de leur utilité immédiate pour les Terres de Raesdai.
Les Gardiens de l’Ordre
Sir Lozius, le conseiller et concierge, est la figure paternelle, l’œil vigilant qui veille sur les étudiants. Bienveillant mais exigeant, il est celui qui remet les élèves dans le droit chemin, une boussole morale pour les futurs héros qui, parfois, s’égarent. L’Archimage Prima Octavius est le maître de l’établissement, dont les connaissances s’étendent des étoiles à l’alchimie, et dont les décisions guident l’Académie dans la période de tension actuelle.
En cas d’alerte majeure, la Corne Lame-d’Argent, un artefact aux pouvoirs incertains, résonne à travers le château.
La Forge des Talents de Bois-Libres
Powood est un éclat de couleur et de vie niché dans la verdure luxuriante. Elle n’est pas seulement une ville ; c’est un sanctuaire de l’Artisanat, où la créativité est une force aussi vitale que la sève des arbres.
Ses rues vibrantes sont une galerie à ciel ouvert, bordées d’ateliers et de boutiques où la richesse de la forêt est transformée par le génie de la main humaine. Ici, le bois n’est pas simplement coupé ; il est honoré et sculpté en œuvres d’art, en meubles qui racontent des histoires, et en objets uniques, créant un commerce florissant basé sur la qualité naturelle et l’innovation artistique. Les bâtiments, dont l’architecture de bois confère un charme rustique et harmonieux, sont ornés de sculptures monumentales qui célèbrent la Nature.
Chaque année, le Festival de l’Art et de l’Artisanat attire les esprits créatifs de Raesdai, transformant Powood en un creuset de démonstrations, célébrant le mariage sacré entre la Nature et la Main.
Pourtant, même dans ce havre, l’ombre du chaos rôde. Récemment, la ville a été prise pour cible par la Nuée, une vague d’insectes géants d’une taille et d’une fureur anormales. Ces créatures ne font pas que ravager ; elles semblent cibler les matériaux travaillés, menaçant de détruire le mode de vie et le patrimoine de la cité. La population, trempée dans l’esprit de l’innovation et de la résilience créative, refuse de plier, déterminée à protéger ce qu’elle a bâti.
La Cité de la Grâce Sylvestre
Sylvaria, le joyau de Bois-Libres, n’est pas une ville bâtie dans la forêt, mais une cité née de la forêt. Au cœur d’une canopée dense, elle est un chef-d’œuvre de symbiose, où l’architecture et la nature ne font qu’un. Ses demeures ne sont pas de simples maisons ; ce sont des abris sculptés à même les arbres colossaux, leurs branches servant de fondations vivantes. L’air y est saturé de l’odeur de sève et de mousses rares.
Ses passerelles aériennes en bois sont les veines de la cité, permettant aux résidents de flotter entre les quartiers sans jamais blesser le sol sacré, une preuve de la philosophie de vie de ses habitants.
Le Commerce et l’Âme de la Cité
L’âme de Sylvaria réside dans ses marchés luxuriants, des cathédrales de verdure où les artisans, les herboristes et les chasseurs échangent des trésors que seule la nature peut offrir : des potions à base d’herbes rares aux objets d’artisanat si finement travaillés qu’ils semblent avoir été tissés par la forêt elle-même. Les Fêtes Saisonières sont des événements de communion avec les esprits de la forêt, attirant des pèlerins de loin et renforçant la réputation de Sylvaria, terre de tradition et de chaleur.
L’Ombre sous la Canopée
Mais l’harmonie a son prix. Au-delà des lumières de la ville, les profondeurs inexplorées de Bois-Libres abritent des entités sauvages, voire féroces, qui voient dans la cité une intrusion. Les Gardes de la Cité ne patrouillent pas de simples routes, mais les lisières de l’inconnu. Plus sournoises encore sont les tensions tribales : les peuples indigènes de la forêt (peut-être des clans Animalis) considèrent parfois cette « civilisation en hauteur » comme un empiétement, créant des défis politiques et des dilemmes moraux pour les dirigeants de Sylvaria, qui doivent marcher sur la ligne fine entre la tradition et l’hégémonie.